Je, Cheval

Texte d’Albane Gellée

Création musicale : Gaël Ascal

Ce qui frappe, d’emblée, dans l’écriture d’Albane Gellé, c’est ce mouvement perpétuel qui non seulement se transmet de livre en livre mais de plus s’accentue, s’amplifie, faisant bouger ses lignes avec une apparente légèreté.

Pas de rupture, de cassure, de reniements. Elle avance, questionne. Cela remue dans des textes qui se situent totalement du côté de la prose poétique.

Cette sensation d’être bien dans le travail en cours, elle l’a, sans nul doute, fortement éprouvée (la transmettant par heureux ricochets au lecteur) lors de l’écriture de

Je, cheval qui paraît aux Editions Jacques Brémond. On y découvre, en courtes proses, une complicité, une harmonie fugace mais indéfectible entre le (ou la) cheval et celui (ou celle) qui prend le temps de respirer à son rythme, de regarder à sa hauteur, d’écouter, de vibrer, de sentir…

Une exposition

Au cœur de ces triptyques, le cheval, si vivant à l’arrière, si menacé sur le Front, lié dans les deux cas au sort de l’homme.

Si on connaît la place prépondérante du cheval dans le quotidien des Français au début du XXème siècle, on mesure mal son rôle durant la première guerre mondiale.

Il servait principalement à tracter l’artillerie. Gazés, déchiquetés par les obus, prisonniers des barbelés, 760 000 chevaux sont morts durant les quatre années du conflit, souvent par manque de soins.

Cette exposition est l’occasion de leur rendre hommage.

Philippe Bertin a choisi de mettre au centre de ce travail les cartes postales sépia où hommes et chevaux vivaient en harmonie.

Équilibre précaire, cerné de part et d’autre par l’espace soufré du Front. Photocopies bleutées de clichés issus de l’hebdomadaire : Le Miroir.

Si le cheval est physiquement absent de ces champs de bataille, il resurgit sous la plume d’Albane Gellé, vaillant et fidèle, héros involontaire, voué à partager avec les hommes, le même enfer.

Cheval devant, tirant charrettes, charrues chariots, calèches carrioles et diligences, fiacres et toutes les vies, toutes les morts, les poids d’une guerre, cheval devant les mains les jambes devant, dessous les artilleries, dessous les ordres, devant les bombes. Quatre jambes nues, en quelle folle et noire confiance, quels tremblements pour aller vers : combats de feux, des explosions, âmes et corps, hommes et chevaux. Cheval marchant, terre éventrée sous les sabots, absence d’herbe, cheval marchant encore droit, encolure chaude, oreilles antennes : pour la fatigue et pour l’effroi.

Si on connaît la place prépondérante du cheval dans le quotidien des Français au début du XXème siècle, on mesure mal son rôle durant la première guerre mondiale.
Il servait principalement à tracter l’artillerie. Gazés, déchiquetés par les obus, prisonniers des barbelés, 760 000 chevaux sont morts durant les quatre années du conflit, souvent par manque de soins.

Cette exposition est l’occasion de leur rendre hommage. Philippe Bertin a choisi de mettre au centre de ce travail les cartes postales sépia où hommes et chevaux vivaient en harmonie.

Équilibre précaire, cerné de part et d’autre par l’espace soufré du Front. Photocopies bleutées de clichés  issus de l’hebdomadaire : Le Miroir.

Si le cheval est physiquement absent de ces champs de bataille, il resurgit sous la plume d’Albane Gellé, vaillant et fidèle, héros involontaire, voué à partager avec les hommes, le même enfer.