Georges Perec – Un homme qui dort

En 1974, Georges Perec adapte pour le cinéma et tourne avec Bernard Queysanne : Un homme qui dort (Prix Jean Vigo). Transposition du texte publié en 1967.

Cette histoire plus ou moins autobiographique d’un étudiant qui se renferme sur lui-même, dans sa chambre et se met à penser,  a quelque chose d’intemporel. Le public, en réécoutant le texte réinscrira naturellement ce portrait d’une solitude urbaine dans notre société axée sur la communication, submergée par les images et les sons, où l’individu est de plus en plus confronté à l’isolement.

N’utilisant point les images du film de 1974, nous proposons de nouvelles sonorités, de nouvelles distorsions narratives entre le texte et notre imaginaire.  Le texte de Perec, construit pour l’oralité, sera lu cette fois par un homme. Le public est invité à vivre cette expérience sensorielle. L’auditeur a la possibilité de s’abandonner à l’écoute de la musique et du texte afin de se créer ses propres images de « L’Homme qui dort ».

Un homme qui dort date de l’époque où Perec ne faisait pas encore partie de l’Oulipo. Il s’agit d’un texte où tous les  aspects de l’intrigue traditionnelle sont absents. Il n’y a pas de psychologie du personnage, ni de proposition de valeurs morales. Les activités du personnage sont insignifiantes et autotéliques, et ne peuvent subir d’interprétations critiques. Le livre lui-même n’en propose aucune. Les éléments du monde sont nivelés, mis sur le même pied par l’indifférence du personnage. La narration fait en sorte que se développe un certain hypnotisme.