On n’est pas là pour disparaître

Auteurs :  Olivia Rosenthal

*(Verticales, 2007, Folio 2009)
Prix Wepler-Fondation La Poste 2007
Prix Pierre Simon « Ethique et réflexion » de l’Espace éthique AP-HP.

Musiciens : Gaël Ascal (contrebasse)

Durée : 40 minutes

La spécificité de la maladie de A., c’est que la personne atteinte change lentement de personnalité au point qu’elle devient peu à peu étrangère à elle-même et à ses proches. Les proches du malade se trouvent dès lors confrontés à une situation très douloureuse.
Face à cette épreuve, l’écrivain n’a aucune solution thérapeutique à apporter. Son projet est exclusivement artistique, c’est un projet d’écriture, c’est un projet de langue. L’écrivain joue ici le rôle du témoin mais du témoin actif, de celui dont le témoignage investit le non-sens pour lui donner du sens. Il se propose par son art spécifique de la syntaxe, qui est un art de l’association et de l’enchaînement, de raconter comment la mémoire s’organise et se désorganise, comment des mots peuvent en appeler d’autres, des images et des sensations d’autres images et sensations.
Par son travail sur la langue et les mots, Olivia Rosenthal a tenté, si on peut dire, d’entrer dans cette altération de la parole, du caractère et des sensations, de donner une trace écrite à ce qui se dissout et se disperse. Il s’agit pour elle, comme dans ses précédents ouvrages, d’interroger, de façon humoristique et décalée, le rapport complexe et conflictuel que chacun de nous entretient, par la parole mais aussi parfois sans elle, avec sa propre identité.
Philippe Bertin a sélectionné des extraits du texte d’Olivia Rosenthal, qui permettent de restituer différentes voix et histoires ; plusieurs récits qui s’entremêlent pour dire la perte du langage, de la mémoire et de la raison. Philippe Bertin habite, tour à tour, ces différentes voix,  qui disent avec justesse la douleur du malade, le désarroi de son entourage et les hantises de la narratrice.
Gaël Ascal, contrebassiste, compositeur et improvisateur habitué des rencontres interdisciplinaires, propose un contrepoint sonore au récit qui avance par phrases courtes, trouées, suspendues, disloquées comme la mémoire de Monsieur T… Pendant la durée de la lecture, le musicien, à son tour, sollicite et bouscule la mémoire auditive du spectateur.

Une exposition

10 tirages pigmentaires (60 x 90 cm) fixés sur des tables inclinés

Faire sortir la maladie de son cadre médical, tel est l’objectif.

Essayer d’offrir un regard différent sur une maladie qui reste tabou, en la transformant en un objet artistique. Ceci sous la forme d’une exposition de photographies, assortie d’un livret et d’un film court qui tentent de construire du lien entre ceux qui sont à l’intérieur de la maladie et ceux qui sont à l’extérieur.