Voyage en Normandie

HUGO – MAUPASSANT – MIRBEAU – PROUST – RENARD – ZOLA
Musique, Marion Motte : Accordéon, chant, épinette, flûte traversière

La culture de la Normandie est d’abord littéraire puisque c’est notamment en normand que s’est élaborée la littérature
de France. Difficile de rassembler autant d’écrivains sur une même terre.
Notre lecture musicale propose en effet une sélection de textes, rédigés à une époque où le train, et bientôt l’automobile, dictent de nouveaux rythmes, de nouvelles sensations aux écrivains voyageurs.

Marion Motte a ressuscité, avec le précieux concours de l’association La Loure, quelques chansons anciennes, en lien avec les villes évoquées dans les textes ou les thématiques développées par les six auteurs.

Liste des auteurs et des étapes

Caen -Lisieux (1907)

La Normandie, comme pour Maupassant, tient dans l’oeuvre de Proust une place privilégiée. 1907 : l’industrie automobile est en plein essor et la voiture moderne devient un sujet de la littérature moderne. Octave Mirbeau publiera simultanément « la 628-E8 ».

Malade, Proust choisit comme lieu de repos pour l’été le grand hôtel de Cabourg (modèle du grand hôtel de Balbec dans la Recherche) et visite l’arrière-pays en automobile avec son chauffeur, Alfred Agostinelli. Cette nouvelle perception du paysage modifie son point de vue, nourri par ces « chassés croisés de la perspective ».

Talléhou (1892)

L’écornifleur, écrit en 1890, à la suite d’un séjour à Barfleur, dans le Nord du Cotentin, raconte l’histoire d’un écrivaillon, parasite et pique-assiette, entre Paris et les vacances sur le littoral normand. En épinglant la figure du jeune poète, coureur de dot et flattant le bourgeois, Jules Renard jette les bases d’un humour décapant les convenances et les poses littéraires.

Rouen – Le Havre – Honfleur – Bayeux – Cherbourg (1884)

C’est en 1838 que Stendhal utilise pour la première fois dans un titre, le mot « tourisme » (Mémoire d’un touriste). Epoque des toutes premières lignes de chemin de fer. Emile Zola, dans cette petite nouvelle évoque l’histoire d’un jeune couple dont les deux familles tiennent une boutique à Paris et qui découvre le chemin de fer à l’occasion de leur voyage de noces.

Dans ce voyage circulaire en Normandie, la région est présent surtout par des noms propres et l’énumération des monuments de Rouen. Ce récit tourne en dérision le rôle essentiel que détenait le guide en cette période d’essor touristique.

La Bouille (1890)

Si Octave Mirbeau est né dans le Cavaldos, il passera toute son enfance dans le Perche où il se forgera avant l’heure une forme de conscience de la lutte de classes.

Il deviendra plus tard farouchement individualiste et libertaire. La Bouille est un conte acide et ironique sur les migrations touristiques, ici en Haute-Normandie, révélateur de l’esprit de l’auteur.

Etretat (1883)

La Normandie, région natale de Maupassant, tient une place importante dans son oeuvre. Dans cette nouvelle, il plante le décor d’une ville qu’il adorait : Etretat. A neuf ans, ce fut son terrain de jeu et d’apprentissage, entre mer et poésie.
Son oncle Alfred, poète, était le meilleur ami de Flaubert. A 33 ans, ses droits d’auteur lui permirent d’y faire construire une maison « La Guillette » où il achèvera l’écriture de « Bel ami ».

Le Mont Saint-Michel (1836)

Victor Hugo s’est souvent attardé sur les lieux qu’il a parcourus, comme exilé ou comme touriste, nous livrant de précieuses descriptions. De 1834 à 1837, il relate ses voyages dans le Nord de la France et en Belgique, à travers des lettres formant un véritable « journal ».

Lors de l’été 1836, il découvre, en compagnie de Juliette Drouet, le département de la Manche. Il a 34 ans, elle en a 30.
Le Mont-Saint-Michel lui inspire un sentiment ambivalent : « le plus beau lieu du monde », certes, mais où « la crasse normande et la saleté bretonne se superposent à ce précieux point d’intersection ».