CONCERT LITTÉRAIRE
Et chaque lent crépuscule

(Hommage au poète, 1893 – 1918)

Nulle guerre n’a produit une littérature si abondante que la Première Guerre mondiale

Si l’on connaît bien les écrivains français de la Première Guerre mondiale, en revanche on ignore souvent que tant du côté anglais que du côté allemand, une génération d’écrivains de valeur s’est illustrée. Par-delà les lignes de front, les témoignages et les interrogations se répondent et se font écho : après un engagement souvent volontaire et un consensus largement partagé sur leur responsabilité morale, les écrivains ont généralement dénoncé avec vigueur, au moment où la presse était souvent muselée, l’aveuglement des dirigeants et des civils à l’arrière et l’absurdité d’une guerre moderne dont personne ne voyait la finalité. Plus radicalement, leurs œuvres vont remettre en question les valeurs de la civilisation et les modèles littéraires du XIXe siècle. Sans cette guerre, le paysage littéraire du XXe siècle eût été très différent.

Considéré comme le plus grand poète de la Première Guerre Mondiale en Angleterre, Wilfred Owen est tué dans la traversée du Canal de la Sambre, le 4 novembre 1918, une semaine avant l’armistice. Il repose en France, dans la petite commune d’Ors, dans le Département du Nord.

Encore presque inconnu en France, Wilfred Owen est pourtant le poète le plus étudié en Grande-Bretagne après Shakespeare. Publiées à titre posthume, ses œuvres parlent de ses visions de la Grande Guerre. Il fait partie du groupe de la War Poetry, un mouvement littéraire anglo-saxon qui s’inscrit dans cette époque de guerre, de catastrophes humaines, d’élans pacifistes suite aux déferlements de haines et d’atrocités. Considéré comme un « témoin » de la guerre, on retrouve dans ses poèmes et sa correspondance « l’absurdité barbare » de cette guerre. Ses textes nous touchent, non pas par des lamentations, mais par un réalisme lyrique. Il est un témoin car il a été un observateur bouleversé par la souffrance engendrée par la guerre. Le soldat brisé et épuisé, rompu et courbatu, est au cœur de sa poésie.

À mesure que le temps passe, l’œuvre de Wilfred Owen perd peu à peu son envahissant statut de témoignage d’époque pour acquérir celle d’un art poétique transcendant l’anecdote pour faire entendre un chant fort, sombre, lumineux lucide et déchirant à la fois. C’est de l’homme qu’il est question, un homme meurtri, humilié, dépassé, nié jusque dans son humanité même.

La voix d’Andy Pocket suggérera la présence du poète et permettra de découvrir son quotidien dans les tranchées et son lien privilégié avec sa mère via sa correspondance.

La musique de Sabine Happart (claviers, piano, voix) offrira un écrin riche et sensible au chant sombre et lumineux, lucide et déchirant de Wilfred Owen.

Philippe Bertin donne sa voix au poète dans une traduction subtile de Barthélémy Dussert, en collaboration avec Xavier Hanotte. (Ed. Le castor astral, 2012).

AGENDA

Lecture le samedi 28 avril 2018, 17 heures
6ème fête du livre de Quiberon
Espace Louison Bobet
Boulevard René Cassin, 56170 Quiberon